Serviettes, tampons, culottes ou coupes menstruelles : découvrez leurs performances, leurs risques, leur réglementation et leur impact environnemental.

Protections menstruelles : un choix de plus en plus large
Serviettes hygiéniques, tampons, culottes menstruelles, coupes, disques ou protections lavables : les solutions disponibles pour gérer les règles sont aujourd’hui nombreuses.
Les serviettes jetables restent très utilisées, mais les protections réutilisables occupent une place croissante. Face à cette diversité, une question demeure : toutes ces protections offrent-elles réellement le même niveau d’efficacité, de sécurité et de confort ?
Les performances varient selon les produits, le niveau de flux et les conditions d’utilisation. Les indications figurant sur les emballages sont donc particulièrement importantes pour permettre aux utilisatrices de choisir une protection adaptée.
Quelles sont les principales protections menstruelles ?
Les serviettes hygiéniques
Les serviettes hygiéniques sont des protections externes qui absorbent le sang menstruel. Elles existent en différentes tailles et capacités d’absorption, avec ou sans ailettes, et peuvent être jetables ou lavables.
Leur principal avantage est leur simplicité d’utilisation. Elles ne nécessitent pas d’insertion vaginale et peuvent convenir à différents niveaux de flux.
Les tampons
Les tampons sont des protections internes conçues pour absorber le flux menstruel à l’intérieur du vagin. Ils peuvent être proposés avec ou sans applicateur et dans plusieurs niveaux d’absorption.
Ils présentent notamment l’avantage de permettre une certaine liberté de mouvement, mais leur utilisation nécessite de respecter attentivement les précautions indiquées par le fabricant.
Les coupes et disques menstruels
Les coupes menstruelles recueillent le sang menstruel au lieu de l’absorber. Certaines présentent une capacité relativement importante, ce qui peut les rendre intéressantes pour les flux abondants.
Comme les autres protections internes, elles doivent toutefois être utilisées conformément à leur notice et ne pas être portées plus longtemps que recommandé.
Les culottes menstruelles
Les culottes menstruelles sont des protections réutilisables intégrées dans un sous-vêtement. Elles peuvent être utilisées seules ou en complément d’une autre protection selon l’abondance des règles.
Leur efficacité dépend notamment de leur conception, de leur capacité d’absorption et de leur entretien. La durée d’utilisation du produit est également à prendre en compte.
Des performances qui peuvent varier fortement
La multiplication des protections menstruelles offre davantage de possibilités aux consommatrices, mais elle rend aussi la comparaison entre produits plus difficile.
La capacité d’absorption n’est pas nécessairement comparable d’une catégorie à l’autre. Une indication exprimée ou présentée différemment selon les fabricants peut compliquer le choix d’une protection adaptée au flux réel.
C’est pourquoi il est préférable de :
- vérifier les indications d’utilisation ;
- tenir compte de l’abondance de son flux ;
- respecter la capacité d’absorption annoncée ;
- suivre les précautions figurant sur l’emballage ou la notice ;
- remplacer ou nettoyer la protection selon les recommandations du fabricant.
Depuis le 1er avril 2024, le décret n° 2023-1427 renforce précisément les informations devant être communiquées sur les produits de protection intime. Les fabricants et responsables de mise sur le marché doivent notamment fournir des informations sur la composition, les précautions d’utilisation et les risques sanitaires.
Protections menstruelles : quels risques pour la santé ?
Les protections menstruelles font l’objet d’une surveillance sanitaire. L’Anses a notamment étudié les risques chimiques, infectieux, allergiques et liés à l’utilisation de ces produits.
Les analyses réalisées ont mis en évidence la présence possible de certaines substances à l’état de traces dans différents produits. L’Anses a toutefois conclu, dans son évaluation, que les risques sanitaires liés aux substances chimiques étudiées étaient faibles compte tenu des niveaux d’exposition évalués.
Cela ne dispense pas de respecter les conditions d’utilisation.
Le syndrome du choc toxique menstruel
Le principal risque particulier associé aux protections internes est le syndrome du choc toxique menstruel (SCT).
Il s’agit d’une infection aiguë très rare mais potentiellement grave, notamment associée à certaines souches de Staphylococcus aureus. Elle peut être liée au port de protections intravaginales, notamment les tampons et les coupes menstruelles.
L’Anses souligne donc l’importance de mieux informer les utilisatrices sur ce risque.
En France, les recommandations reprises par les autorités indiquent de ne pas porter les protections internes plus de six heures. Il est également essentiel de respecter les précautions d’utilisation indiquées par le fabricant.
En cas de symptômes inhabituels pendant les règles, notamment une fièvre brutale, un malaise, des vomissements, des diarrhées, des douleurs musculaires ou une éruption cutanée, une consultation médicale rapide est nécessaire.
Les protections réutilisables sont-elles plus écologiques ?
Les protections lavables et réutilisables présentent l’avantage de pouvoir être utilisées pendant une période prolongée, ce qui permet de réduire le nombre de produits jetables consommés.
Coupes menstruelles, culottes et serviettes lavables peuvent ainsi constituer des alternatives aux protections à usage unique.
Cependant, leur impact environnemental dépend également de leur fabrication, de leur durée de vie, de leur entretien, du lavage et de leur fin de vie.
Le problème des protections jetables
Les protections menstruelles jetables sont constituées de plusieurs matériaux, notamment des fibres, des plastiques et des matériaux absorbants. Leur composition et leur contamination après utilisation rendent leur recyclage particulièrement difficile.
Une étude publiée par Zero Waste France et Zero Waste Europe souligne l’importance de leur impact environnemental et estime notamment à 245 000 tonnes équivalent CO₂ par an les émissions associées aux protections menstruelles à usage unique dans l’Union européenne étudiée.
Les protections usagées doivent donc être jetées avec les déchets appropriés et jamais dans les toilettes.
Une réglementation renforcée en France
Les produits de protection intime relèvent notamment de l’obligation générale de sécurité applicable aux produits de consommation et du cadre européen applicable aux substances chimiques.
Le décret n° 2023-1427 du 30 décembre 2023 a renforcé l’information destinée aux utilisatrices.
À compter du 1er avril 2024, les emballages ou notices doivent notamment comporter des informations concernant :
- la composition des produits ;
- les substances et matériaux incorporés ;
- les modalités et précautions d’utilisation ;
- les risques sanitaires éventuels ;
- les effets indésirables pouvant être associés à leur utilisation.
Cette évolution vise à permettre aux consommatrices de disposer d’une information plus claire avant et pendant l’utilisation des protections menstruelles.
Comment choisir sa protection menstruelle ?
Il n’existe pas une protection universelle adaptée à toutes les femmes. Le choix dépend notamment du flux, du confort recherché, des habitudes, de l’âge, des activités pratiquées et de la préférence pour une solution jetable ou réutilisable.
Avant de choisir, il peut être utile de comparer :
- la capacité d’absorption ou de collecte ;
- la durée maximale d’utilisation ;
- le mode d’utilisation ;
- la composition du produit ;
- les précautions d’emploi ;
- les conditions de lavage pour les protections réutilisables ;
- la durée de vie annoncée ;
- l’impact environnemental.
L’information disponible sur l’emballage ou dans la notice constitue donc un élément essentiel du choix.
Des progrès encore nécessaires pour informer les consommatrices
La multiplication des modèles et des technologies permet aujourd’hui de choisir parmi une gamme très large de protections menstruelles.
Mais cette diversité ne doit pas se traduire par une information difficile à comprendre. La comparaison des capacités d’absorption, des matériaux, des durées d’utilisation et des précautions reste essentielle.
Le renforcement de la réglementation française constitue une avancée en matière de transparence. L’Anses travaille par ailleurs avec les autorités compétentes afin de contribuer au contrôle de l’application des nouvelles dispositions.
À retenir
Les protections menstruelles offrent aujourd’hui un choix beaucoup plus large qu’auparavant. Serviettes, tampons, culottes, coupes et autres protections réutilisables présentent chacune des caractéristiques différentes.
Les principaux points de vigilance sont la capacité d’absorption, la durée d’utilisation, l’hygiène, la composition et les précautions d’emploi.
Pour les protections internes, le risque de syndrome du choc toxique, bien que très rare, justifie une attention particulière au temps de port. Quant aux protections jetables, leur impact environnemental plaide en faveur d’une réflexion sur les alternatives réutilisables lorsque celles-ci sont adaptées à l’utilisatrice.
Enfin, le renforcement des obligations d’information depuis 2024 doit permettre aux consommatrices de disposer de données plus précises pour choisir et utiliser leurs protections menstruelles.
FAQ – Protections menstruelles
1. Quelles sont les principales protections menstruelles ?
Les principales protections sont les serviettes hygiéniques, les tampons, les culottes menstruelles, les coupes et les disques menstruels. Le choix dépend notamment du flux et des préférences de chacune.
2. Les protections menstruelles sont-elles sans danger ?
Les protections menstruelles sont soumises à des exigences de sécurité. Les protections internes nécessitent toutefois le respect des précautions d’utilisation afin de limiter notamment le risque, très rare, de syndrome du choc toxique.
3. Combien de temps peut-on porter une protection menstruelle interne ?
En France, il est recommandé de ne pas porter une protection interne plus de six heures. Les indications du fabricant doivent également être respectées.
4. Les protections menstruelles réutilisables sont-elles plus écologiques ?
Les protections réutilisables peuvent réduire la quantité de déchets liés aux protections jetables. Leur impact dépend toutefois de leur durée de vie, de leur fabrication, de leur entretien et de leur fin de vie.
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